À propos|About

«Entre chair et pierre, les créations évoquent des roches, des membres, des totems, des êtres fantastiques. L’art primitif n’est jamais très loin. Il y est, sur le bout des lèvres. L’artiste fait oeuvre d’archéologue. Lectrice et productrice de traces, elle propose une archéologie de l’art en elle, une archéologie productive et prospective pour laquelle elle s’offre comme terrain de fouille.» Paul Kawczak, extrait de Les équivalences de la matière, catalogue d’exposition, Editions Sagamie 2017.

Ma manière d’aborder le dessin se rapproche de la sculpture. Je crée des dessins aux formats variés, souvent sous forme de série, que j’expérimente comme une matière-texture. À la ligne de plomb, j’amorce mes dessins par un geste de hachures répétitives sur du papier, formant des masses denses circonscrites, en suspension. Ces compositions peuvent ensuite faire l’objet d’un traitement numérique, combinant des effets d’entrelacements, de juxtapositions et de superpositions, pour revenir éventuellement à l’analogue.

Tel un archéologue qui découvre des artéfacts, je mets à jour des formes énigmatiques. À la fois jeu de reliefs et d’ombres, de couleurs et de lignes graphiques, je compose des formes abstraites d’apparence organique, des volumes sculpturaux qui peuvent évoquer autant des figures primitives, des objets archéologiques, des membres, que des rêveries, formes issues de l’inconscient.

Ma pratique s’articule autour de cet acte graphique lié au monde du vivant, qui opère la matière et ses équivalences mentales par un double travail permanent de construction et déconstruction de la trace. La manipulation de l’image, en aller-retour entre l’analogue et le numérique brouille les pistes et crée un effet d’ambiguïté : le regardeur ne sachant jamais réellement la nature de l’image qu’il découvre. Ainsi, mes dessins sont des propositions de perceptions du geste, de la relation fondamentale de l’humain au trait.

«Between flesh and stone, Onira’s neo-grotesque creations evoke rocks, limbs, totems and fantastic creatures. Primitive art is never far from her work. It is there, on the tip of the tongue. The artist works like an archeologist. As a reader and producer of traces, she proposes an archeology of the self, or rather an archeology of the art within her, a productive and prospective archeology for which she makes herself available as an excavation site.» Paul Kawczak, extrait de Les équivalences de la matière, catalogue d’exposition, Editions Sagamie 2017.

My way of approaching drawing is closer to sculpture. I create drawings in various formats, often in series form, which I experience as a matter-texture. With lead lines, I begin my drawings with a gesture of repetitive hatching on paper, forming dense circumscribed masses, in suspension. These compositions can then be digitally processed, combining interlacing effects, juxtapositions and overlays, to eventually return to the analog.

Like an archaeologist who discovers artifacts, I uncover enigmatic forms. At the same time a game of reliefs and shadows, colors and graphic lines, I compose abstract organic appearance forms, sculptural volumes which can evoke as much primitive figures, archaeological objects, members, as daydreams, forms from the unconscious.

My practice articulates around this graphic act linked to the living world, which operates on matter and its mental equivalents through a permanent double work of construction and deconstruction of the trace. The manipulation of the image, going back and forth between the analog and the digital confuses the tracks and creates an effect of ambiguity: the viewer never really knowing the nature of the image he discovers. Thus, my drawings are propositions of perceptions of the gesture, of the fundamental relation of the human to the line.